Campagne de prévention nautique de la FQCK

Fédération québécoise du canot et du cayak

Avec le support financier de Transports Canada

Bureau de la sécurité nautique
La campagne de prévention nautique « sur l’eau ça va de soi » vous rappelle que la sécurité est faite de gestes simples qui peuvent finalement sauver des vies. Tous les jours, nous faisons ce qui « va de soi », pour notre confort ou notre sécurité. C’est la même chose sur l’eau!
Découvrez 11 facteurs de risque et les moyens simples de les éviter.

Eau froide

DESCRIPTION

Hypothermie, choc thermique, choc hypothermique, souffle coupé, difficulté respiratoire, arrêt cardiaque… tous ces éléments peuvent être liés à une chute dans de l’eau froide.

Le plus grand danger qui guette les amateurs de plein air n'est pas un carnivore, un reptile ou un animal enragé. Non, le plus grand tueur d'amateurs de plein air est tout simplement l'hypothermie.

Eau froide

L’hypothermie, c’est quoi ?

Elle survient quand notre corps perd plus de chaleur qu’il n’en crée. Si elle n’est pas traitée rapidement, l’hypothermie peut être fatale. C’est durant le printemps et l’automne que l’on compte le plus grand nombre de cas d’hypothermie.

Même en juillet, une baignade dans les eaux du Golfe (4 à 6°C) entraînera une perte complète de dextérité en moins de cinq minutes, annulant toute chance d’autorécupération, et risquant de causer la mort après une immersion de 15 à 20 minutes. Le corps humain perd sa chaleur 24 fois plus vite au contact de l’eau que de l’air (à une même température). Il n’est donc pas étonnant qu’on soit susceptible de tomber en état d’hypothermie après quelques minutes d’immersion en eau glacée. Le froid n’est pas toujours seul en compte. La conjugaison de plusieurs facteurs tels, l’eau, le vent, la fatigue, la faim et la déshydratation sont les facteurs favorisant le plus l’hypothermie.

Médicalement, l’hypothermie est une diminution anormale (2°C) de la température centrale du corps humain. Sur le terrain, une bonne connaissance des signes et symptômes sera votre meilleure alliée.

Signes et symptômes

Un cours de premiers soins vous donnerait de bonnes bases pour identifier et traiter certains cas. Il n’est pas question ici de remplacer un tel cours, mais de comprendre les mécanismes de défense du corps pour mieux l’aider à se réchauffer. La première réaction de défense du corps humain est le frisson.

En contractant les muscles à la base des poils, le corps augmente la production de chaleur à la surface de la peau. Si nous étions encore aussi velus que nos lointains ancêtres, cette réaction nous permettrait de « gonfler » notre fourrure comme le font les animaux. Ce premier indice devrait vous inciter à agir (bougez, habillez-vous, protégez-vous du vent ou de la pluie, mettez-vous au sec, portez une tuque, un chapeau ou un foulard).

Si la chute de température se poursuit, le corps met en mouvement des muscles plus puissants, par spasmes incontrôlés, c’est le grelottement.

En plus des correctifs précédents, il est important de fournir du « combustible » au corps, sous forme d’aliments énergétiques, riches en hydrates de carbone et en sucre (fruits secs, barres de céréales, miel) et de boissons chaudes (pas d’alcool, ni thé ou café).

Dans le même temps, la circulation sanguine diminue fortement dans les membres, en commençant par les extrémités (vasoconstriction), ce qui provoque une perte de dextérité et des problèmes mineurs de locomotion.

Confusion et perte d’orientation (temps, espace).

Le corps se met en mode « survie » en attendant du secours extérieur, et concentre la chaleur sur les organes vitaux. Les tremblements ont cessé et la circulation sanguine diminue fortement dans les membres. Il est CAPITAL de ne pas interpréter l’arrêt du tremblement pour un retour à la normale. La victime entre alors en phase avancée. Sans aide extérieure pour refaire sa chaleur, son état ne peut que se dégrader. Il est urgent de l’évacuer vers un centre hospitalier. Ne frictionnez pas la victime, vous favoriseriez la dilatation des vaisseaux de surface et le retour de sang « froid » vers le centre du corps.

Prévention

La meilleure défense contre l’hypothermie est encore la prévention : il faut prévoir toutes les conditions climatiques possibles pour toujours avoir les vêtements adéquats.

Méfiez-vous de l’eau froide, même si la température extérieure est très chaude, habillez-vous en fonction de l’eau, vous pourrez toujours vous rafraîchir.

En cas d’intempéries, portez plusieurs chandails minces de laine ou de polyester et un imperméable. Votre VFI est un bon isolant, gardez-le bien ajusté sur votre corps. Portez une tuque de laine, jusqu’à 50% des pertes de chaleur se font par la tête et la nuque.
Grignotez souvent des aliments riches en hydrates de carbone (sucre à la crème, carré aux dattes, gâteau aux fruits, barres granolas, fruits secs, bonbons).

Arrêtez-vous pour vous reposer, manger et vous réchauffer avant que les symptômes d’hypothermie n’apparaissent.
Prévoyez un itinéraire qui ne vous éloignera pas de la rive.

En cas de dessalage en eau froide, sortez de l’eau rapidement et ayez des vêtements de rechange chauds et secs.

Il est important de savoir qu’une personne en état d’hypothermie avancée a perdu sa capacité de générer suffisamment de chaleur interne pour se maintenir en vie. L’évacuer d’urgence vers un centre hospitalier.

 

Hypothermie et choc hypothermique, c’est très différent

En prenant votre douche, vous accrochez le robinet et l’eau devient glacée. Immédiatement vous avez le souffle court, votre corps se contracte d’un bloc, c’est le choc hypothermique.

Contrairement à l’hypothermie qui est un abaissement progressif de la chaleur corporel, le choc est une réaction instantanée et très violente du corps face à l’agression du froid.

Le choc thermique dure habituellement moins de 30 secondes, mais qui paraissent une éternité. Il est souvent impossible de respirer, car tous les muscles sont tétanisés. Très vite la panique s’installe, et elle peut mener à une noyade si elle n’est pas contrôlée.

Si cela vous arrive sur un plan d’eau, flottez sur le dos, ce qui dégage les voies respiratoires et évite d’avaler de l’eau. Évidemment le port du VFI fait toute la différence (visionnez notre capsule sur le VFI).

Si vous êtes témoin d’un tel incident, parlez à la personne pour la rassurer. Tenez-vous prêt à intervenir dès qu’elle aura retrouvé le souffle, car elle sera peut-être épuisée.

Que vous soyez l’athlète de l’année ou un citoyen ordinaire, nous sommes tous égaux face au choc hypothermique. Notre corps réagit très violemment face à un brusque changement de température, et la seule parade est une protection vestimentaire complète avec cagoule.

Prévention, toujours prévention!